Voyage d’une jeune fille bousculée

Posted on mercredi, janvier 12th, 2011 at 10:11

Angleterre, Londres. Les gens se bousculent, se pressent, se heurtent. Nous sommes fin août 2010, il pleut et il fait nuit. Les lumières brillent partout, quitte à vous faire mal aux yeux. Je ne sais pas vers où me diriger et ça m’est égal. Je me laisse emporter par la marée humaine, me délectant de pouvoir enfin être immergée dans Londres et ses habitants. Ici, la modernité côtoie l’historique avec une harmonie déconcertante. L’acier et le verre sont les voisins de la brique. La ville regorge de pubs, tous plus chaleureux que les uns et les autres. La bière coule à flot pour le plus grand plaisir des friands des fameuses Happy Hours. Après un infime premier aperçu de Londres, je m’en vais à l’hôtel, exténuée. Lendemain matin. Toujours ce temps abominable. Voilà au moins un cliché confirmé. Je marche dans les rues et je vois se succéder autant de quartiers que d’ethnies différentes. Car cette ville est la plus cosmopolite que j’eus la chance de voir. Mais les cultures ne se mélangent pas. Il y a le quartier chinois, celui des indiens, celui des anglais aisés… Chacun est à sa place et il y reste. Londres est une boisson gazeuse sucrée et acide : elle pétille, les bulles vous caressent et remuent dans votre ventre. Un vrai coup de fouet. Malgré la grisaille, je n’ai pu m’empêcher de trouver la ville éclatante. Tout ici respire une manière de vivre différente de la notre. Le quartier de Jack l’éventreur est consacré à la peur, les gens font la queue sur des dizaines de mètres pour être épouvantée. Tout au long de mon séjour je me suis sentie marcher dans les pas des plus grands auteurs anglais. Londres n’a pas perdu sa connaissance et son vécu. Tout est là, à l’état brut dans un enchevêtrement de rues et ruelles sinueuses. Se perdre est devenu un tel délice qu’il est désormais plaisant d’être inconnu de la ville. Tantôt accueillante tantôt effrayante, l’ambiance londonienne n’est jamais la même selon les endroits. Je n’en reviens pas de la facilité avec laquelle toutes ces oppositions s’effectuent. La facilité et le charme. Je ne sais pas encore que quand je rentrerai chez moi, ce ne le sera plus. J’aurai changé d’élément. Je me sentirai triste et en manque des anglais, de leur langue, et de leurs contraires. La découverte de Londres sera désormais mon premier rêve éveillé, toute la magie que l’on accorde à l’inconnu, à l’aventure.

Auteur : helene-carrington

Tags: ,

Comments are closed.